Se tourner vers soi ou vers les autres

Le développement personnel est un domaine qui se développe à grande vitesse aujourd'hui. Faut-il donc me centrer plus sur moi en risquant d'oublier que je ne suis pas seul dans le monde ?

 

Je vous invite à regarder et examiner tout ce qui émerge aujourd'hui : les différentes pratiques, techniques, thérapies, mode de vie... D'un côté, nous avons les tenants de ceux qui disent qu'il est nécessaire de penser à soi, de se retrouver soi-même, de s'occuper de soi, de son bien-être. De l'autre, vous en avez d'autres qui sont les tenants du groupe, de l'ouverture aux autres, de la solidarité.

 

Oui, ce n'est pas si tranché. Néanmoins, regardez de plus prêt et vous verrez qu'une des deux tendances est prédominante sur l'autre. C'est humain ! En quelque domaine que ce soit, il y a trois voies, trois attitudes possibles : les deux extrêmes et la voie du milieu.

J'aime utiliser l'image des deux branches de la croix (horizontal et vertical). Certains développent presque exclusivement le lien avec les autres dans la dimension horizontale et ont un intérêt très restreint à la dimension verticale. Pour ces personnes, rien ne les dépasse ou surpasse. Il n'y a que le matériel ou la matière ou ce monde.

 

Pour les tenants opposés, ils sont déconnectés du monde, sont centrés sur leur quête spirituelle, sur un autre monde et au fond il s'agit de sauver sa peau. « A chacun sa merde, sa croix », chacun son dieu, son salut. C'est volontairement caricatural pour mettre en exergue ces deux extrêmes.

 

Nous sommes généralement un peu plus mitigés. Cependant nous avons rarement les deux branches de notre croix aussi étendue l'une que l'autre. Il y a souvent une branche plus développée que l'autre.

 

C'est en effet dans la marche vers la voie du milieu, chère à la pensée taoïste, qu'il est bon de s'orienter. C'est un équilibre constant à chercher. Quand l'équilibre est présent, nous pouvons même avoir l'impression d'être au croisement de notre croix dans cette union de ces deux dimensions.

 

Il s'agit donc d'articuler ces deux dimensions, elles sont les deux faces d'une même pièce, elles ne s'opposent pas. Elles se complètent et ne peuvent exister l'une sans l'autre. Si nous ne tenons qu'une dimension, nous sommes déséquilibrés et risquons de glisser dans l'autre extrême, déçu par le manque de l'autre dimension. C'est ce que nous voyons chez tous les types de « nouveaux convertis » à une cause, à une religion, à une pensée, peu importe cette pensée d'ailleurs qu'elle soit politique, éthique... Ils passent d'un coup d'un extrême à l'autre !

 

Nous avons simplement oubliés ce message que nous trouvons dans nos sagesses anciennes. Oui, nous ne pouvons pas connaître dieu, les autres sans nous connaître nous-mêmes. Pensez à cette célèbre phrase : « connais-toi toi-même et tu connaîtras les dieux ». Cette connaissance de soi qui nous tire vers nous-même et notre part divine passe par le biais des autres. L'axe vertical ne peut se construire sans le lien avec les autres. Dans les Evangiles, Jésus dit : « aime ton prochain comme toi-même ». Ainsi, nous ne pouvons avoir de bonnes relations aux autres si nous ne faisons pas d'abord un travail sur nous-mêmes pour nous aimer. Comment peut-on aimer les autres si on ne s'aime pas soi-même ? Nous n'allons alors renvoyer aux autres que notre propre haine de nous-mêmes. La dimension verticale est à enraciner dans la terre, seul moyen fécond pour que cet axe soit solide et puisse s'élever sans risque de tomber comme un arbre sans racines qui tomberait aux moindres vents. Certes, nous sommes seul à décider de notre vie, à être responsable de nos choix. Néanmoins, les autres peuvent être des lumières sur notre chemin, un soutien essentiel. Encore faut-il savoir reconnaître les vraies lumières des fausses nébuleuses qui cherchent à nous garder dépendants ! Au fond, quand nous nourrissons les deux dimensions de façon harmonieuse, tout est récapitulé au croisement des deux axes. Car au fond, la science quantique nous apprend que nous sommes tous faits de la même énergie, de la même matière que l'univers, que nous sommes un hologramme, une partie qui contient le tout. Nous sommes différents et en même temps issu de la même source. Quand nous agissons sur nous, nous agissons sur le monde qui nous entoure. Je développerai tout cela dans un autre article car cela demande à être expliqué. Retenons que ce croisement se fait au niveau de notre cœur, lieu de sagesse et d'intelligence dans toutes les traditions anciennes. Il est dommage que l'Eglise ait volontairement séparé, il y a quelques siècles la science et la spiritualité (un autre article viendra pour développer cela car cela a des influences jusqu'à nous aujourd'hui), séparant la raison et le cœur.

 

Marchons en équilibre sur le fil de la vie, au cœur de notre vie.

 

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