Dépendant de notre système

Notre système, notre vision du monde sont des expressions qui définissent le socle qui nous constitue et qui s'est forgé durant notre enfance. Ce socle demeure la base qui continue d' influencer notre vie, nos comportements, nos pensées...

Nous en restons dépendants à vie.

 

Cela signifie-t-il que nous sommes condamnés à y être totalement dépendants?

Non, heureusement des aménagements sont possibles.

Pour prendre une image, ce socle est comme les fondations d'une maison. Nous aurons beau changer la peinture ou faire des travaux intérieurs ou extérieurs, les fondations resteront les mêmes. Nous pouvons les renforcer, mettre des étais pour éviter qu'elle s'écroule mais les "mal façons" d'origine seront toujours présentes. Renforcer les fondations amènent à faire de gros chantiers et correspondent à un travail thérapeutique long et profond.

 

Personne ne possède de fondations idéales ! Notre vécu, nos traumatismes infantiles, notre ressenti du monde environnant (en particulier les personnes les plus proches, parents et fratrie) vont nous amener à bâtir un socle qui sera notre réponse aux stimuli extérieurs. Par exemple, une simple séparation du bébé d'avec sa mère dans les premiers temps de sa vie peut créer un vide incompréhensible, une sensation d'abandon que le bébé ne sait pas interpréter car il n'a pas encore les mots, les concepts. Pour combler ce vide, il va choisir une attitude qui va s'ancrer pour la vie. Cela peut être de se faire oublier ou à l'inverse de se faire remarquer... Chacun va créer sa propre composition. Le même vécu traumatique trouvera des réponses différentes suivant les personnes.

Pour se construire, le bébé a besoin de trouver une solution pour faire face à quelque chose qui le dépasse, qui est incompréhensible. C'est ainsi que va se créer petit à petit sa vision du monde, son système de relation au monde. Même si avec le temps, chacun et chacune pourrait s'apercevoir que sa réponse n'est plus adaptée ou qu'il ou elle a les capacités de répondre autrement, c'est le système en place qui va perdurer car c'est celui qui est connu, qui s'est auto-validé par les multiples expériences qui sont venues le renforcer au fil du temps. Il devient le prisme à travers lequel chacun et chacune voit le monde.

 

Ce n'est pas totalement une fatalité car nous avons la possibilité de l'assouplir.

Tout d'abord, il s'agit d'apprendre à le repérer, à observer son fonctionnement. Nous prenons de ce fait un peu de distance vis-à-vis de lui pour ne plus être totalement collé à lui, à ne plus être que lui.

Puis, nous pouvons mettre en place de nouvelles expériences qui nous amènent à faire un virage à 180°, en faisant autrement. Tout en apprenant comment faire avec notre système qui va rester présent et chercher à reprendre toute la place.

 

Nous ne bâtirons jamais une maison idéale avec de nouvelles fondations mais nous pouvons mieux connaître notre demeure, apprendre à faire avec et l'aménager du mieux que nous le pouvons.

 

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